jeudi 27 juin 2013

La coopération allemande privilégie le développement durable au Maroc

Anne-Sophie Martin, à propos des actions menées par la GIZ au Maroc. 
La Vie éco, le 21.06.13.

Plus important projet du portefeuille de la GIZ, le volet "Environnement et Climat" mobilise 40 millions d'euros. Appui à la mise en place d'un cadre législatif, ateliers de sensibilisation ou de formation, collaboration pour l'élaboration de stratégies sont le quotidien des conseillers de la GIZ.


Loin des agendas politiques, l'Allemagne et le Maroc entretiennent des relations étroites, et ce, depuis des décennies, dans les domaines de l'environnement et du développement durable. La coopération technique allemande, la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), rattachée au ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ), a même fait du Maroc un pays prioritaire pour sa mission dans la région méditerranéenne. Les montants alloués au Maroc sont loin d'avoir diminué. «Les fonds ont fortement progressé ces dernières années avec la participation d'autres ministères fédéraux aux budgets de la GIZ ou de la KFW», explique Philippe Simonis, conseiller technique principal du Programme de gestion et protection de l'environnement (PGPE). C'est depuis 1975 que la GIZ appuie le Maroc.

Ne figurant plus sur la liste des Pays les moins avancés (PMA), le Royaume ne bénéficie plus de dons, mais il profite néanmoins de l'assistance technique prodiguée par la GIZ et de l'assistance financière de la part de la banque Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW), également rattachée au ministère fédéral BMZ. 

Négociés tous les deux ans, les accords bilatéraux de coopération entre l'Allemagne et le Maroc fixent les budgets et les détails des projets pour les années à venir. Pour le Maroc, les dernières négociations en date remontent à 2012 et concernent donc les années 2014-2015.

Les trois pôles prioritaires appuyés au Maroc jusqu'en 2017 demeurent les mêmes. Ils concernent tous le développement durable : l'environnement et le climat, y compris les énergies renouvelables ; les ressources en eau ; et le développement économique et durable.

Le pôle «Ressources en eau», à travers le programme «Appui à la gestion intégrée des ressources en eau» (AGIRE) de la GIZ et le financement par la KfW d'infrastructures pour l'ONEE, représente un pan non négligeable de l'action allemande au Maroc. AGIRE, auquel contribue l'Allemagne avec 12 millions d'euros, doit s'achever en 2018.

Le volet «Développement économique et durable» comprend quant à lui l'appui (GIZ) aux très petites, petites et moyennes entreprises, et le soutien financier à la microfinance de la part de la KfW. Le pôle «Environnement et climat» est probablement le plus important du portefeuille de la coopération, qu'elle soit technique ou financière, de l'Allemagne. Il «comprend en tout et pour tout une vingtaine de projets, entre la GIZ et la KfW», explique Philippe Simonis.  

Une vingtaine de projets dans le programme «Environnement et climat» 

La KfW contribue au financement de ces projets à hauteur d'un milliard d'euros. On peut citer, entre autres, une partie de la future centrale solaire d'Ouarzazate, le plan éolien, des centrales hydrauliques ou encore le futur Centre national d'élimination des déchets spéciaux (CNEDS). La construction de ce dernier, situé près de Béni Mellal, devrait commencer dès 2014. Les études d'impact sont en cours.

La GIZ appuie, quant à elle, l'implémentation de 4 projets majeurs, pour un budget total de près de 40 millions d'euros. Au premier rang figure le Programme de gestion et de protection de l'environnement (PGPE) décliné en 5 composantes. La première, «Conseil en politique de l'environnement et du climat», accompagne le Maroc dans la mise en place d'un cadre législatif, réglementaire et stratégique efficace. La deuxième, «Formation environnementale», intervient aussi bien dans la formation des cadres des collectivités locales que dans l'établissement d'une stratégie nationale pour les métiers de l'environnement. La troisième, «Gestion intégrée des déchets industriels et dangereux», participe à la mise en place d'un cadre législatif complet et d'outils d'accompagnement. Dès l'approbation du décret relatif à la gestion des déchets industriels et dangereux, un système informatique (SIDID), dont la version pilote est déjà opérationnelle, pourra être généralisé pour suivre tous ces déchets au Maroc.

Quatrième composante du PGPE, la «Gestion de l'environnement industriel», basée à Mohammédia, sensibilise les industriels de toutes tailles à leurs obligations. Enfin, la «Gestion de l'environnement communal-Région Nord», projet monté à Tanger pour appuyer la mise en place d'une gestion intégrée des déchets ménagers, est réalisé en étroite collaboration avec les autorités locales. Un terrain a d'ores et déjà été trouvé pour que cette ville dispose enfin d'une décharge contrôlée.

Signalons également le programme «Promotion des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique» (PEREN), basé à l'ADEREE, et qui accompagne cette dernière dans la promotion de la biomasse ou encore de l'efficacité énergétique dans le bâtiment. Derniers nés, l'Appui au plan solaire marocain (APSM), basé à la MASEN, et l'ACCN : biodiversité et adaptation au changement climatique, qui concerne les régions Souss-Massa-Draa et l'Oriental, sont venus s'ajouter en 2012 à la palette d'actions de la coopération allemande.

Les prochaines négociations pour les années 2016-2017 se tiendront en 2014. Peut-être une occasion pour élargir le champ de la coopération. 

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